מתן תורה

Le Don de la Tora

Préface de Monsieur le Rabbin Claude Sultan,

Professeur de Pensée Juive au Séminaire Rabbinique de France

עֵת לַעֲשׂוֹת להויה הֵפֵרוּ תּוֹרָתֶךָ 

Psaumes 119, 126

Ce livre s'adresse à un large public. Il offre une vue générale et didactique sur les fondements de la Kabbala et du Judaïsme. Écrit dans un style simple, il ne nécessite pas de posséder des connaissances préalables pour pouvoir l'aborder. ​

Les différents chapitres qui composent ce livre ont été écrits à l'époque du mandat britannique. Ils ont d'abord été publiés au cours des années 1932 et 1933 sous forme de cahiers dans le journal הָאֻמָּה "la Nation", dont un extrait est présenté sur la présente page. ​

L'intention de  Rav Ashlag z''l était de s'adresser à tous les publics, y compris les non religieux, afin de leur expliquer pourquoi il fallait arrêter de penser seulement à soi et au contraire contribuer à procurer du bien aux autres. ​ Les autorités d'occupation prirent la décision de mettre un terme à cette publication sous prétexte qu'elle était susceptible de remettre en cause l'ordre public. ​ L'approche de Rav Yehouda Ashlag z''l peut sembler à bien des égards révolutionnaire, dans la mesure où elle va à l'encontre de la nature individualiste et égoïste de l'être humain. Mais en fait, il s'avère que l'approche du Rav représente une excellente synthèse entre la Kabbala et de la Ḥassidout.

Extrait

C’est grâce à un de mes amis, figure importante de notre Communauté, que j’ai pu entrer en contact avec Monsieur Michel Benhayim. Ce fut pour moi une bonne nouvelle que d’apprendre qu’il y avait encore, en France, des personnalités aptes à conduire, dans l’excellence, ce genre de travail dans le respect des exigences de sens, et de la forme, de la tradition juive. ​

 

Je dis « encore », parce que nous savons, en effet, que les lendemains du dernier cataclysme mondial avaient été particulièrement marqués, et particulièrement dans les milieux juifs se relevant des cendres de la barbarie nazie, par un regain d’intérêt pour les études juives en général, mais surtout pour celles que l’on recherchait en catharsis, pour « essayer de comprendre ». Cette seconde moitié du XXe siècle avait été féconde et bénie : elle a vu naître un foisonnement d’études, de recherches, et de traductions d’ouvrages en langue française comme jamais autant auparavant. ​ Traductions en langue française de textes fondamentaux de la culture juive, Talmud, Midrach, Exégèse, pensée juive... mais aussi et peut-être surtout, de la pensée juive mystique. Le lecteur, l’étudiant, le chercheur, l’érudit francophones avaient accès désormais à des ouvrages longtemps scellés pour chacun d’eux.. ​ C’est pourquoi chaque nouvelle découverte fait naître réconfort et espérances, à l’instar de celle des travaux de Michel Benhayim : dans la continuité des traductions consacrées à la mystique juive, Monsieur Michel Benhayim introduit son lecteur dans le Monde particulier de l’enseignement et de la pensée de Rabbi Yehouda Leïb Halevi Ashlag, un des principaux cabalistes du XXe siècle, ancien rabbin de Guivat Shaoul à Jérusalem, et très proche du Rav Avraham Itshaq Ha-Cohen Kook, premier Grand-Rabbin de l’Israël naissant et fondateur du mouvement du sionisme religieux. Rabbi Yehouda Ashlag se spécialisera dans l’étude du Zohar éclairée par la lecture qu’en faisait Rabbi Itshaq Louria, le Ari zal, synthétisant la mystique de l’École de Gérone avec celle des théories des cabalistes castillans. ​ Le Rav Ashlag traduira le Zohar de l’araméen à l’hébreu, en l’accompagnant d’un commentaire, désormais classique, appelé le « Soullam », le « Rachi » du Zohar, commentaire où les fondamentaux de la transmission cabalistique sont revisités dans une langue hébraïque prémoderne. À travers une production littéraire et exégétique immense, Rav Ashlag déclare vouloir se consacrer à la propagation de l’étude de la Cabale. Il veut mettre l’enseignement de la Cabale à la portée de tout le monde, parce que, dit-il, « c’est l’étude de la Cabale qui permet à l’homme de parvenir au niveau de la Révélation prophétique » ; « qui permet à l’homme de se rapprocher de la Tsoura » (de l’Image et de la Ressemblance divine). Rabbi Yehouda Léon Ashkenazi, Manitou, se réclamait disciple et élève du Rav Ashlag dont il avait reçu l’enseignement, ainsi que du fils du Rav Ashlag, Rabbi Barukh Ashlag. ​ C’est en fidèle disciple de l’auteur du « Soullam », et en respect du Maître qui avait consacré sa vie pour que l’enseignement de la Cabale soit ouvert à tout le monde, que Monsieur Michel Benhayim va permettre, grâce à ses traductions, au lecteur francophone de participer de cet engouement pour la cause de la mystique qui anime notre génération. Certes, ici, nous ne sommes pas dans la langue du Zohar de Rabbi Shim’on bar Yohaï, mais dans celle comme le voulait le Rav Ashlag, d’un « langage scientifique », et c’est cette langue-là qu’il fallait utiliser parce que l’on s’adressait au « grand public ». ​ Aussi bien, ce sera à travers quelques traités relatifs à l’essence et à l’esprit de la Sagesse de la Cabale, réunis autour d’un titre : Matan Tora, que la traduction de Monsieur Michel Benhayim initiera le lecteur francophone à soulever le voile de la sagesse mystique. La traduction de Matan Tora atteste du travail remarquable d’une personnalité où s’inscrivent dans l’harmonie les richesses du lettré religieux, du pédagogue passionné, du manieur éclairé des mots hermétiques qu’il faut rendre à la vie pour tous, du transmetteur de la Tradition vraie, du maître fin connaisseur des subtilités de la langue hébraïque dans son acception spécifique au vocabulaire de la littérature sacrée, ou de la littérature poético-allégorique, comme il l’a fait pour sa traduction du Chir HaChirim. Une grande expertise lui permettra d’éclairer sa traduction par tout un apparat critique qui englobera gloses des exégètes, vocables du texte, glossaire, citations... Pour tout cela, Monsieur Michel Benhayim a droit à notre hommage respectueux et à notre gratitude...