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Introduction au Livre du Zohar

Préface de Monsieur Franklin RAUSKY

Doyen de l'Institut Universitaire Elie Wiesel

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Première page

de l'Introduction au Livre du Zohar 

Cette Introduction est intégrée aux différentes éditions du Zohar avec le commentaire הַסֻּלָּם "HaSoullam". Rav Ashlag z''l offre dans ce texte fondamental une perspective générale qui permet de saisir toute l'importance et la valeur du Judaïsme.

Quelle était l'intention du Rav lorsqu'il a traduit et commenté le Zohar ? C'est ce qu'il précise dans la présente Introduction (§ 58) : "J’ai appelé ce commentaire ‘Échelle’ pour montrer que son rôle est le même que celui de toute échelle ; car si tu as une mansarde remplie de trésors, tu n’as besoin que d’une échelle pour y accéder, et alors tous les trésors du monde sont entre tes mains. Toutefois, l’échelle n’est pas un but en soi, car si tu te reposes [sur l’un] de ses barreaux et que tu n’entres pas dans la mansarde, alors ton intention ne pourra se réaliser. Il en est de même pour mon commentaire sur le Zohar.

Pour expliquer de façon complète les paroles [de Rabbi Chim’on Bar Yoaï et de ses disciples] qui sont d’une immense profondeur, aucun langage approprié n’a été à ce jour créé. Mais avec ce commentaire, j’ai montré à chacun la voie [à suivre] et comment s’y prendre, de sorte que grâce à lui il pourra s’élever, approfondir et méditer sur le livre du Zohar lui-même. Car ce n’est qu’alors que mon intention concernant ce commentaire sera réalisée". 

Préface de Monsieur Franklin RAUSKY

Doyen de l'Institut Universitaire Elie Wiesel

 

Extrait

 

Notre époque vit une belle renaissance de l’étude de la Cabale, un renouveau des recherches sur l’univers énigmatique des Maîtres de la Sagesse ésotérique, après une longue période où la modernité regardait avec une méfiance taciturne le mysticisme d’Israël.

Pour le Grand Rabbin Alexandre Safran, la Cabale n’est pas un domaine marginal, excentrique de la spiritualité juive. Elle est au cœur de l’expérience religieuse hébraïque : « Israël restera… le Peuple qui se donne pour tâche d’approfondir la mysticité de la Loi Divine… ». C’est un territoire de l’espace culturel judaïque, nullement une copie maladroite des écoles mystiques orientales et helléniques… Pour décrypter cette pensée originale, audacieuse, inquiète, on ne saurait faire l’économie de la lecture d’un texte hermétique : le Zohar (Livre de la Splendeur), un ouvrage dont les Traditionnaires  trouvent les lointaines racines dans la pensée d’un célèbre Maître judéen du IIe siècle de l’ère commune : Rabbi Chim’on Bar Yoaï.

La date et le lieu de la rédaction définitive de cet ouvrage princeps du mysticisme d’Israël donnent lieu à des débats interminables entre chercheurs contemporains. Cette controverse est au cœur de la constellation des savants universitaires, comme Gershom Scholem, Moshé Löel ou, en France, Charles Mopsik. Mais les Maîtres traditionnels, dans le microcosme des synagogues et des académies talmudiques, cherchent à dévoiler une toute autre dimension du Zohar : son sens spirituel, métaphysique, mystique, loin, très loin des enquêtes sur la rédaction finale du Texte.

Parmi ces Maîtres, parfois reconnus, parfois méconnus, en quête de la signification zoharique, une place privilégiée mérite d’être accordée au Rabbin Yehouda Ashlag (1885 – 1954). Ce cabaliste israélien, né à Varsovie, élève des institutions ḥassidiques, installé à Jérusalem en 1921, vécut dans le quartier juif de la vieille ville, où il fonda une Yechiva, une Académie  nommée Beit Oulpena LeRabanim. Il y développa une vision pédagogique innovante dans la formation de ses élèves, futurs Rabbins appelés à étudier, non seulement le Monde du Niglé (le « Découvert »), c’est-à-dire les codes talmudiques de la vie quotidienne du croyant juif, mais aussi le Nistar (le « Couvert »), autrement dit le monde ésotérique des profondeurs de l’Âme, le Secret (Sod) , Exotérisme et Esotérisme, Talmud et Cabale.

Pour le Rabbin Ashlag, la Cabale est l’un des deux piliers fondamentaux, incontournables, dans l’éveil de la conscience d’Israël, les deux sources qui nous encouragent à rechercher le sens de la vie, spirituelle et matérielle : « la finalité du dessein et de l’œuvre de la Création du Monde ».

Après la seconde guerre mondiale et le traumatisme de la Shoa, le Rav Ashlag considéra qu’une nouvelle mission s’imposait aux Juifs de la Terre d’Israël, à un moment où l’idée d’un Etat juif indépendant sur le sol ancestral prenait forme. Il fallait recréer, en Terre Sainte, des lieux d’étude, de réflexion, de méditation sur la Cabale, alors que l’ancien monde traditionnel du judaïsme de l’Europe de l’Est avait été anéanti dans l’horreur de la nuit et du brouillard. ...

Les neuf dernières années de la vie du Rav ont été un temps de créativité intellectuelle et spirituelle féconde. Durant cette période, il publie de nombreux écrits, dont cette Introduction au Livre du Zohar, qui vise à accompagner le lecteur dans la grande et belle aventure de la découverte du Livre de la Splendeur. Dans une ville que les milieux dévots contemplent avec soupçon, dans une ville stigmatisée comme l’épicentre de la frivolité, de l’assimilation, de la profanation, Rav Ashlag, étranger à ces jugements sévères, fonde un foyer d’étude de la Mystique Juive.

Savant engagé, il consacre ses dernières énergies à faire de la Terre Promise un haut-lieu de spiritualité, poursuivant l’œuvre des Maîtres victimes de la Shoah. Pour lui, le Zohar ne doit pas disparaître, enseveli dans les décombres de la guerre européenne. Il peut et doit revivre dans une transfiguration. Un Peuple retourne à sa Terre ancestrale, à sa langue, à sa liberté et à ses Textes fondateurs : la Bible, le Talmud, le Midrach et last but not least…. le Zohar.

Le lecteur de langue française trouve, aujourd’hui, une belle et précise traduction commentée, dans la langue de Molière, de l’Introduction au Livre du Zohar. C’est une remarquable contribution à la connaissance et à la découverte d’un univers d’idées et de réflexions, où un auteur du XXe siècle explore et interroge la vision initiatique des Maîtres de l’Antiquité et du Moyen Âge : un voyage à travers l’espace et le temps de la Cabale.

Cette traduction française, accompagnée de notes rigoureuses et érudites est l’œuvre de Michel Benhayim. Son travail s’inscrit dans la longue tradition des traducteurs, les « Metarguemim », qui ont été, à travers les siècles, les « passeurs » qui ont ouvert de larges avenues à la connaissance de la Pensée d’Israël : des passerelles entre les Sages du passé et les lecteurs du présent.

© 2021 Michel Benhayim